lundi 4 décembre 2006
Où sont les fans ?
Mais qu'est-ce qui s'est passé ? Où ont disparu tous les lecteur-trice-s, commentateur-trice-s, participateur-trice-s de ce blog ? De deux choses l'une : ou bien il y a eu un enlèvement massif dû à des extra-terrestres passant dans le secteur ou bien ce que j'écris n'est pas très intéressant.
Mouais...
Bon, puisque je n'ai plus de lectorat, je suppose que je suis débarassé de la contrainte consistant à chercher à plaire. Donc ce post va être complètement inintéressant et me servira uniquement d'archivage (ben oui, c'est un carnet à la base).
J'ai donc feuilleté deux livres ce week-end, et voici ce que j'en retiens.
Ringoot Roselyne, Utard Jean-Michel, Le journalisme en invention :
Nouvelles pratiques, nouveaux acteurs.
Page 162 : « la digestion médiatique, au niveau européen, s’effectue sur la même période, avec des variantes : le weblog est, à cette échelle, présenté comme un outil technique supplémentaire à maîtriser par les journalistes traditionnels. À titre d’exemple, un séminaire du centre européen de journalisme, qui se tenait du 22 au 23 avril 2004, intégrait les weblogs dans son programme portant sur "les compétences essentielles pour rechercher des sources d’information sur Internet". »
Page 163 : « La délimitation du terrain s’est effectuée en fonction d’une "sensation intuitive de clôture du terrain" (Comeau, 1994, p.12). »
Page 165 : « Elle s’ancre dans des pratiques d’écriture plus anciennes, telles que celles des pamphlets, des magazines alternatifs, ou de la pratique des Samizdat qui permettaient à des dissidents soviétiques de publier des écrits non-conformistes, diffusés officieusement. Elle provient aussi de la tradition des fanzines, petits magazines écrits par des individus ou des groupes restreints souvent irrévérencieux et spécialisés dans des sujets délaissés par les médias traditionnels. »
Page 170 : « Cette mise en scène des liens amis met en évidence la logique communautaire des weblogs, traduite par le terme de blogosphère. »
Page 171 : « construction de l’identité : le texte (son volume, son importance, le déictique employé, la taille des unités textuelles), le rapport texte/image (quel modèle éditorial domine ?), les marqueurs d’identité (nom, url, allusion, logo, etc.), les liens (leur nombre et leur teneur). »
Page 183 : « Le contraire est aussi vrai : quand un journaliste professionnellement connu comme tel, travaillant pour un média traditionnel, se met à "bloguer", il contribue à la reconnaissance ou tout au moins à la mise en publicité, du phénomène »
Page 185 : « mais ces animateurs se voient confrontés aux mêmes problématiques que les journalistes traditionnels. Ils doivent d’une part, gérer leurs relations avec le public, les sources et les paris. Les notions d’indépendance éditoriale, organisationnelle, économique sont prégnantes et ces diffuseurs d’information sont soumis, nous l’avons noté dans l’analyse des sites, à la nécessaire construction de leur légitimité, de leur crédibilité et de leur identité énonciative. »
Barbier Frédéric, Bertho Lavenir Cathrine, Histoire des médias, de Diderot à internet.
Pages 173-174 : « Le livre face à l’éphémère »
« Face au dynamisme de la presse périodique, au développement de médias nouveaux (la radio, progressivement le cinéma et la télévision) et aux déplacements qu’ils entraînent dans les mode de vie du plus grand nombre, et d’abord aux Etats-Unis, le livre imprimé, concurrencé à plusieurs niveaux (prix, contenu, diffusion...) connaît certaines passes plus difficiles à partir des dernières décennies du XIXème siècle. »
« Bien entendu, la question de la conjoncture générale intervient aussi : après 1880, l’atmosphère change, on parle d’une grande dépression marquée, par exemple en Angleterre, par l’extension du chômage et la limitation des salaires nominaux. Les consommateurs doivent faire des choix, qui privilégient souvent le périodique (...) »
« entrée en force des intérêts financiers dans le monde de l’édition et des médias, où l’on s’emploie à faire jouer les économies d’échelle »
« industrialisation plus poussée et baisse très sensible du prix de vente »
« innovation de contenu : quels textes faut-il publier, pour répondre aux attentes du public le plus large possible ? »
Voilà, si avec ça j'ai des retours, c'est que je n'ai rien compris aux blogs.
mardi 17 octobre 2006
Ma super bibliothécaire
Avant
de vous parler de ma super bibliothécaire, je vais faire un petit
détour digressif (si tant est qu'on puisse faire une digression avant
même d'avoir commencé à parler d'un sujet) et aborder une question
linguistique.
Il faut savoir que, sans en être le moins du monde
expert (ni même un quelconque érudit), j'aime beaucoup la linguistique.
Par exemple, depuis que j'ai assisté à une mini conférence de Thérèse
Moreau l'an dernier sur le sexe de la langue, j'essaie autant que
possible de féminiser ce que j'écris (c'est à dire faire apparaître le
féminin, ce qui m'oblige à lutter contre plus de vingt ans d'habitude à
l'occulter). Vous l'avez peut-être d'ailleurs remarqué dans les notes
précédentes (à ce propos, si j'oublie de le faire à certains endroits,
n'hésitez pas à me le signaler avec vigueur).
Bref, ceci était
une digression dans la digression, ce dont je voulais parler en
abordant l'aspect linguistique, c'est que, comme vous pouvez le voir
dans le titre au-dessus, j'ai choisi d'écrire "blog" et pas "blogue". Alors pourquoi ce choix ?
En
fait, je n'adhère pas à la francisation forcée des mots qui naissent
dernièrement. Par exemple, jamais de la vie je ne dirai "l'internet", je parlerai toujours "d'internet". Il y a quelques francisations que je conçois néanmoins. "Courriel", c'est un mot que je n'emploie jamais, mais bon, une contraction de "courrier électronique", ça donne un sens au mot, et donc une certaine légitimité.
Inutile de rappeler que "blog" vient de "weblog", "journal du web" quoi, ce qui lui donne également une certaine légitimité.
Mais "blogue",
ça sort d'où ? Ca me fait vraiment l'effet d'un barbarisme inutile,
juste pour que le mot ressemble vaguement à du français, mais ça donne
surtout naissance à un mot sans histoire, sans origine, bref pas très
intéressant.
Bien évidemment, s'il y a parmi vous des fervent-e-s défenseur-euse-s de l'orthographe "blogue", je ne demande qu'à être convaincu.
Bref, je reviens au sujet, c'est à dire à ma super bibliothécaire.
Comme
je l'avais annoncé, j'ai décidé hier d'aller faire un tour à la grande
bibliothèque pour voir si je ne trouvais pas quelques livres en rapport
avec les blogs. J'ai donc arpenté les rayons, navigué au milieu des
grandes étagères étiquetées "sociologie urbaine" ou "sociologie du travail" ou encore "sociologie de l'éducation"
et je n'ai rien trouvé du tout. J'ai donc quitté la bibliothèque comme
une âme en peine et j'ai eu l'idée d'aller faire un tour à la petite
bibliothèque qui se trouve dans le bâtiment où l'on a nos cours (car
oui, il faut savoir qu'à l'université d'Evry, les sociologues ont leur
cours dans un bâtiment isolé, coupé du reste de la vie de la fac), et
là, j'ai été accueilli par ma super bibliothécaire.
Non seulement
elle a été intéressée directement par le sujet (étant lectrice de blogs
elle-même), mais elle a pris pas mal de temps pour faire des recherches
avec moi, recherches qu'elle a même continuées une fois que j'étais
parti (j'ai reçu les résultats par mail). C'est quand même assez rare
pour être souligné et je l'en remercie (car il est bien possible
qu'elle lise ces lignes).
Parmi le nombre de trouvailles qu'elle
a faites, citons la thèse d'Oriane Deseilligny, soutenue à Nanterre,
sur l'écriture des journaux intimes sur le web. Apparemment, Oriane Deseilligny a d'ailleurs multiplié les travaux sur l'écriture de soi via les nouveaux moyens de communication.
Si par le plus grand des hasards, vous connaissez cette jeune femme ou si vous savez comment la joindre, cela m'intéresse.
Elle m'a également déniché quelques articles plutôt sympa sur le sujet (comme celui-ci), etc.
Bref,
si par hasard vous faites vos études à Evry et que vous avez besoin
qu'on vous mette le pied à l'étrier, je vous conseille chaudement
d'aller voir cette super bibliothécaire.
J'ai encore un dernier
truc à dire pour aujourd'hui. Aggie m'a fait prendre conscience que
j'avais une idée assez vague des caractéristiques (ne serait-ce qu'en
terme de sexe et d'âge) des blogueur-euse-s. Aussi, je songe
sérieusement à contacter les différents grands hébergeurs français de
blogs pour leur demander s'ils tiennent des statistiques à ce sujet (et
s'ils accepteraient de me les communiquer, voire s'ils accepteraient de
faire passer un questionnaire que je réaliserai moi-même dans un futur
proche).
J'ai sélectionné les hébergeurs suivants : Ublog, 20six, Canalblog, OverBlog, Haut et Fort, Skyblog, Lach-tes.com.
Voyez-vous d'autres incontournables que j'aurais malencontreusement oubliés ?
dimanche 15 octobre 2006
Un petit tour sur le web
La sociologie, c’est un peu comme l’archéologie. Les gens ont l’impression qu’on passe notre temps à visiter des lieux mystérieux, à rencontrer des gens étranges racontant des histoires merveilleuses, à enquêter sur le terrain armés de notre outillage de travail, à nous enfuir devant des rochers gigantesques après avoir récupéré une antique statuette péruvienne... (oui, bon, peut-être pas pour le dernier exemple).
Mais en fait non. Comme l’archéologue donc, la ou le sociologue effectue
avant tout un travail de bibliothèque (et un X n’a jamais marqué l’emplacement...).
En l’occurrence, je vais aller mettre mon nez dans quelques
bouquins poussiéreux demain histoire de commencer à faire une ébauche de
bibliographie, mais en attendant, je me suis dit qu’il serait intéressant de
jeter un œil sur la littérature disponible sur le net, et bien m’en a pris, car
je suis tombé sur une petite merveille.
La merveille se trouve ici.
Il s’agit de plusieurs articles consacrés à l’étude du blog (comme son nom l’indique).
On y trouve d’abord un compte-rendu linguistique (sur lequel je reviendrai très
certainement dans une note prochaine), un beau travail de définitions (du blog
et de la blogosphère), une superbe chronologie de l’histoire du blog, quelques
statistiques sur ce que l'auteur appelle l’endogamie des blogs (avec des chiffres
certainement discutables, et discutés en commentaire d’ailleurs, mais l’idée
reste très intéressante), quelques titres de livres sur les blogs et d’autres
petites choses.
Bref, une sacrée source qui va bien m’aider à me lancer.
Bon ensuite, notre ami wikipedia nous livre son habituel article pas super
profond mais toujours éclairant (surtout au niveau bibliographique) sur les
communautés virtuelles.
Et paf, au détour d’une page, on tombe sur un groupe de
recherche sur les usages et cultures médiatiques.
C’est
pas centré sur le virtuel, mais il y a quand même plusieurs textes qui y
sont dédiés, et puis ça fait toujours des gens à contacter et à rencontrer.
Bref, on fait toujours bien de chercher sur notre ami
Internet (surtout quand, comme ici, on parle de quelque chose de nouveau et de
profondément lié à la culture du web). Et comme ça va être le cas souvent, je
vais demander votre aide.
Si vous tombez sur des articles de journaux (lemonde.fr et
compagnie), des articles de blogs ou quoi que ce soit qui puisse toucher de près
(ou même de loin) le sujet (à savoir les blogs et les communautés virtuelles), ou
si vous-même avez écrit quelque chose, n’hésitez surtout pas à les poster en
commentaire (même en réponse à une note qui n’a rien à voir).
Je vous en remercie d’avance.
Ah, et vous avez peut-être remarqué la (moche) nouvelle bannière de ce blog. J’offre un carambar à qui reconnaîtra les deux messieurs qui sont dessus (c’est pas dur).