Carnet de route d'un mémoire de sociologie sur les blogs

Ce blog, c'est un peu le carnet de route que je vais tenir cette année dans le cadre de mon mémoire de sociologie sur les blogs. En fait non, c'est exactement ça.

lundi 27 novembre 2006

Entretien avec Daniel Schneidermann

Cet après-midi, j'ai été convié dans les locaux d'Arrêt sur Images afin de rencontrer Daniel Schneidermann dans le cadre d'un entretien sociologique.

C'est assez intéressant que les interviews de Nuche et de Daniel Schneidermann se suivent d'aussi proche, parce qu'elles montrent vraiment deux aspects très différents de la façon dont peut se passer un entretien.
Dans le premier cas, j'ai affaire avec une jeune femme de la même tranche d'âge que moi, avec qui j'ai un peu correspondu avant, qui n'a pas l'habitude de ce genre d'exercice (dans la posture d'interviewée) et qui me donne rendez-vous dans un bar de son quartier. Ca donne ce que vous avez pu entendre, un ton assez léger et une relation, finalement, d'égal à égal.
Dans le deuxième cas, c'est un homme de télévision, un professionnel de la prise de parole, que je rencontre dans son bureau, après un rendez-vous que j'ai arrangé avec ce qui semble être sa secrétaire (ou en tout cas une employée). Du coup, immédiatement, un rapport de domination s'installe, la balance perd son équilibre.

Attention, je ne suis pas en train de dire que Daniel Schneidermann a usé de sa position dominante pour m'écraser sous sa botte durant toute l'interview. Ce rapport de domination, je l'entretiens aussi moi-même parce que... ben voilà quoi. C'est quelqu'un que je regarde à la télé, c'est un type qui a écrit masse bouquins sur les médias, c'est un spécialiste des questions que je vais aborder...
Je ne suis finalement qu'un étudiant et j'ai en face de moi un professionnel, au sens fort du terme.

Immédiatement après être sorti des locaux d'Arrêt sur Images, j'ai eu le sentiment que l'entretien était raté. Daniel Schneidermann m'avait prévenu avant que je ne commence qu'il ne pouvait m'accorder tout le temps qui aurait été nécessaire pour bien faire, et effectivement, il a arrêté l'entretien au milieu de la deuxième partie. J'avais l'impression aussi qu'il était toujours dans une posture méfiante et défensive, demandant (et non pas "se demandant") quel était le but de telle ou telle question... Et enfin, il me semblait qu'il répondait souvent au nom de Arrêt sur Images et non en son nom à lui.

Finalement, en écoutant l'enregistrement, je trouve que j'avais peut-être un peu dramatisé les choses. Il y a de nombreux points intéressants qui sont abordés, les moments que j'avais ressentis avec une assez forte violence symbolique se rapprochent finalement plus d'épisodes anecdotiques et son avis transparait malgré tout dans de nombreuses réponses.

Par contre, le temps... Le temps a manqué et le temps m'a pressé. Je suis frustré en réécoutant, je me dis "arg, j'aurais du poser cette question", ou "j'aurais du insister là" mais puisque de base mon temps était limité, j'ai du faire vite, et c'est définitivement trop vite.
Pour les entretiens à venir, je me demande si je ne devrais pas revoir la partie sur les sujets d'actualité qui, j'ai l'impression, décontenancent un peu les interviewé-e-s et cassent le rythme.

Petite note technique : c'est assez étrange mais la voix de Daniel Schneidermann a été enregistrée assez basse (je devais tenir mon baladeur mp3 trop loin de lui), du coup j'ai monté le son des fichiers et ça fait un peu siffler le tout. C'est pas super agréable, j'essaierai de faire mieux la prochaine fois (tout ceci est encore très expérimental).

Première partie (37:33) :

Dans cette première partie, les questions tournent autour de l'intrusion d'Internet dans le champ de l'information. Daniel Schneidermann parle de son blog, de l'agréable liberté qu'il trouve dans cette nouvelle forme d'expression impulsive, de la différence de posture qu'il adopte entre les différents médias sur lesquels il officie. Il aborde aussi l'avenir du journalisme. Profitez-en, car contrairement à ce que je dis dans l'enregistrement, on n'en reparlera pas dans la seconde partie.

Deuxième partie (27:22) :

La deuxième partie est tronquée, comme je l'ai déjà dit. Normalement, elle se déroulait en deux temps, le premier traitant de la perte de crédibilité des médias traditionnels, et la seconde de leur positionnement face à l'information gratuite. On ne parle finalement que de cette perte de crédibilité mais de façon approfondie. Normal puisque Daniel Schneidermann a largement étudié la question et l'étudie encore.

Voilà.
Bon, je ralouille mais, au final, rencontrer Daniel Schneidermann c'est quand même pas rien et je devrais plutôt me sentir privilégié d'avoir pu discuter une heure avec lui. Je suppose que je trouve dommage d'avoir du écourter l'entretien alors que j'avais devant moi un expert sur plusieurs questions que j'avais encore à poser (comme la crise de Libération, le contrôle de Wikipedia, la concurrence entre les différents médias...).
Oui, je sais, j'obtiens beaucoup et j'en demande trop.

Merci donc à Daniel Schneidermann d'avoir accepté de répondre à mes questions malgré un emploi du temps surchargé.

Posté par socioblogie à 21:56 - Entretiens - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


dimanche 26 novembre 2006

Entretien avec Nuche

Et voilà le premier post d'une longue série sur les entretiens que je vais faire tout au long de l'année. Ils seront référencés sous la catégorie "Entretiens", donc faciles à retrouver normalement (il doit y avoir la liste des catégories quelque part dans la colonne de gauche).
D'un point de vue technique, je mets l'intégralité des entretiens en ligne. Je ne sais pas si je peux parler de podcast (parce qu'il n'y a pas vraiment de flux RSS associé), mais en tout cas, il y a un joli lecteur pratique et esthétique (du moins je trouve) pour lire le fichier.

Donc hier, j'ai rencontré Nuchenuche dans un bar pour une petite interview. Enfin "petite"... On a quand même passé près de trois heures et demie ensemble (dont 3 sont enregistrées).

Alors, en premier lieu, pourquoi Nuche ?
Je l'ai d'abord contactée avant de savoir quel axe j'allais prendre pour mon sujet sur les blogs. Le fait qu'elle ferme son blog m'a poussé à lui écrire immédiatement : je me disais que si je lui envoyais un mail en février pour lui parler de son blog abandonné en octobre, elle serait peut-être moins motivée pour répondre que si je le faisais immédiatement.
Evidemment, j'en entends qui pensent "mais son blog, c'est pas un blog de journaliste, qu'est-ce que ça a à voir avec le sujet ?" et c'est pas complètement faux. Sauf qu'à côté de ça, Nuche est aussi rédactrice pour un journal en ligne et ça, forcément, ça la rattache au sujet.
Du coup, j'ai décidé de maintenir l'interview, ne serait-ce que parce que ma directrice de mémoire ne cesse de me dire qu'il faut étudier les frontières du sujet et que Nuche est à l'une des ces frontières.

Ensuite, comment ça c'est passé ?
Très simplement. Nuche m'a indiqué un bar, non loin de chez elle, qu'elle trouvait assez calme pour pouvoir faire l'entretien, elle a donné un jour, une heure et hop.
J'ai même presque pas eu de mal à trouver le lieu. Bon, en fait si, mais c'est pas ma faute, c'est Internet qui m'a trahi. J'avais précautionneusement noté l'adresse du bar que j'avais trouvée sur le premier site Google qui en parlait, et, arrivé à l'adresse indiquée, ça avait pas l'air d'être du tout là. Je tiens d'ailleurs à dédicacer cette note au monsieur qui m'a indiqué le chemin, sans oublier de me lacher un "c'est pourtant simple" bien chargé en signification, style "quoi ? t'as pas trouvé tout seul ? mais tu serais pas un tout petit peu naze par hasard ?".
Et Nuche alors ? Ben elle est très gentille (même si elle se moque d'entrée de mon côté empoté à la Raphaël Mezrahi quand j'installe mon matériel), elle est un peu inquiète de savoir si ça enregistre bien (surtout quand elle vient de passer une heure à parler), elle ne veut pas poser à côté de statues de monsieurs tout nus et, contrairement à ce qu'elle a essayé de nous faire croire durant un peu plus d'un an sur son blog, elle ne boit pas que de l'alcool (ou alors, elle se retient quand on l'interviewe).

Et l'enregistrement alors ?
Ben le voilà. L'entretien s'est déroulé en trois parties, chacune fait l'objet d'un fichier différent.
Je n'ai rien coupé, histoire de laisser un aspect un peu artisanal que j'aime bien. Du coup, il y a des moments que vous ne comprendrez peut-être pas parce que ce sont des réactions à ce qui se passe autour.
Car oui, il se passe des choses autour de nous, il faut le savoir. déjà, quand on interviewe quelqu'un dans un lieu public, il y a des gens autour qui se demandent ce qui se passe et qui est la personne interviewée. "Regarde maman, il y a Dido qui donne une interview !" "Mais non voyons, tu vois bien que c'est la chanteuse des Cardigans."
Il y a aussi des serveuses qui n'apportent pas les consommations commandées et qu'on essaie d'appeler d'un regard ou d'un geste sans trop pouvoir bouger très loin du micro (qui s'avère être un lecteur mp3 un peu pourri mais l'enregistrement est pas si mauvais au final).

Bref bref...

Première partie (58:02) :

Dans cette première partie, Nuche parle de son blog. Elle parle des raisons de sa création et de sa fermeture. Elle aborde beaucoup la relation très étrange qu'un-e blogueur-euse entretient avec son lectorat. Les lecteur-trice-s motivent à écrire et sont la principale raison d'être du blog, mais d'un autre côté, le lectorat enferme la blogueuse ou le  blogueur dans une routine de contenu et de fréquence de post. Elles ou ils peuvent aussi induire une autocensure de la part du blogueur ou de la blogueuse qui ne peut pas dire telle ou telle chose, sachant que telle ou telle personne lira.

Deuxième partie (43:15) :

Dans cette deuxième partie, on traite du travail de journaliste-rédactrice en ligne de Nuche. Elle parle de son embauche, de ses anciens boulots, des ses rapports avec ses boss. Plus généralement, elle donne son point de vue sur la crise actuelle de la presse et sur la différence de cas entre presse people et presse d'actualité. Elle cherche aussi désespérément à obtenir son coca cola commandé. Les blancs dans l'enregistrement ne sont pas des bugs, Nuche s'est demandé après coup si elle avait vraiment le droit de parler du site sur lequel elle travaille et elle a préféré que le nom soit retiré de la piste audio, histoire de pas avoir de problèmes.

Troisième partie (65:13) :

La troisième partie, enfin, dans laquelle Nuche donne son point de vue sur des sujets aussi divers que sa confiance dans les différents médias, les attentats du 11 septembre, la façon dont les candidats à la présidentielles sont représentés à la télévision... Elle critique aussi beaucoup Karl Zéro( même si elle l'aime bien), donne des conseils vestimentaires à Ségolène Royal (qui lit très certainement ce blog) et avoue son amour coupable pour les romans. C'est également le moment où la musique fait son entrée remarquée dans le bar, et où la fatigue se fait un peu sentir (j'aurais bien aimé supprimer discrètement mon cafouillage sur le 11 septembre, mais bon...). Et c'est la fin de cette longue interview avec une star de la blogosphère.

Bien évidemment, je remercie chaleureusement Nuche d'avoir bien voulu passer son samedi après-midi à répondre à mes questions (et j’espère que son plat de pâtes lui a permis de reprendre des forces après cet exercice exténuant).

Posté par socioblogie à 13:08 - Entretiens - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

vendredi 17 novembre 2006

Rendez-vous

J'ai pu discuter longuement avec ma directrice de mémoire en début d'après-midi, et nous avons parlé de plein de choses que je vais m'empresser de noter en vrac sur ce blog avant de les oublier.
Comme d'habitude, n'hésitez pas à relever les choses qui vous paraissent complètement fausses, à compléter ce qui vous semble incomplet et, bien entendu, à crier au génie pour le reste.

Pour commencer (en fait, je ne suis pas tout à fait certain qu'on ait commencé par là, mais je vais essayer de pseudo-ranger les idées histoire que ce soit à peu près lisible), on a commencé à essayer de catégoriser un peu l'espace des blogs journalistiques (il va vraiment falloir que je trouve un nom qui sonne mieux), car comme l'a dit Sheiro, les sociologues aiment bien faire des classements de partout.
Deux types de rédacteur-trice-s d'abord : les journalistes professionnel-le-s qui tiennent un blog et les journalistes amateur-trice-s qui exercent sur leur blog.
Trois types de blogs produits ensuite : les blogs qui servent de compléments d'informations anecdotiques, ceux qui présentent un complément d'information substanciel mais qui ne trouve pas sa place dans un autre endroit (pour diverses raisons) et enfin les blogs qui se présentent comme une information alternative et qui se placent comme opposants des médias traditionnels.
Bon, histoire de ne pas encore donner (trop) à rire en tombant dans la caricature, je suis conscient que ces frontières sont poreuses et que le contenu d'un blog peut passer d'une catégorie à l'autre selon la note. Ce ne sont pas des tiroirs absolus et rigides, c'est juste une manière de guider un peu la réflexion.

On s'est également posé des questions sur la légitimité des blogueur-euse-s à traiter l'information et ce, sous plusieurs aspects.
Déjà, comment les journalistes professionnel-le-s considèrent-ils les journalistes amateur-trice-s ?
Quelle est l'importance que les enquêté-e-s (notamment les politiques qui font l'objet de l'information ces temps-ci) donnent à des journalistes qui ne travaillent pas sous un label connu ?
Et surtout, comment ce degré de légitimité influence-t-il le contenu de l'information ? Est-ce qu'un-e journaliste non professionnel-le peu connu-e ne va pas être plus consensuel-le, ne va pas faire d'autocensure, afin d'être sûr-e d'être reçu-e et qu'on répondra à ses questions ? D'un autre côté, est-ce qu'un-e journaliste professionnel-le n'a pas pris l'habitude d'une certaine obséquiosité qu'il va respecter ?

La discussion a aussi tourné autour de la mythologie du web 2.0, qui hante nombre de blogs qui se disent "libres" et "citoyens". Est-ce qu'elle est constitutrice de l'esprit de création du blog ? D'où vient-elle ? (qui sont-ils ? où vont-ils ? c'est leur secreeeeeeet...)

On a interrogé également la posture des blogs proposant une information alternative. Généralement, ceux-ci critiquent les médias traditionnels, accusant une logique d'audimat, un manque de liberté de l'information, etc. (avec la télévision au premier rang du banc des accusés), mais dans la forme, ces blogs ne parviennent pas toujours à se différencier de la télé et ils ont l'air d'être une simple étape à la constitution d'une nouvelle télévision (certain-e-s affichent d'ailleurs clairement cette intention).
Evidemment, ces blogs apportent des nouveautés, mais ils ne révolutionnent pas les codes établis dans les médias traditionnels.

On a parlé de plusieurs autres choses, comme les mouvements professionnels (du monde professionnel vers la blogosphère et inversement), du titre des blogs et de leur url, du financement de ces blogs (via la publicité notamment), des compteurs (qui induisent une certaine présence de l'audimat)...

Voilà.
Bon j'espère que tout ça est à peu près lisible malgré le chaos ambiant. Normalement, je vais formaliser tout ça dans un beau doc made in Word puisqu'on doit faire un compte-rendu de discussion avec sa directrice ou son directeur pour mardi prochain, donc vous aurez quelque chose de plus clair dans pas très longtemps.

Et pour finir, super scoop : dans la précédente note, j'ai lancé un appel pour trouver à me mettre en contact avec un certain Daniel Schneidermann, et bien ce n'est plus la peine de chercher.

Posté par socioblogie à 00:43 - Recherche - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

samedi 11 novembre 2006

Maturation du sujet

Je suis assez impressionné quand je vois le temps qui passe entre chacune de mes notes. Quand je pense que la dernière date du 5 et qu'on est déjà le 10... Hmm, non, l'horloge de Windows m'indique qu'on est même le 11 depuis peu de temps. J'ai l'impression d'avoir posté récemment pourtant. Et dire qu'il y en a qui écrivent quotidiennement, voire plus...

Bref (vous avez peut-être remarqué que j'aime bien dire "bref" pour marquer la coupure entre l'introduction et le coeur du sujet).
Pivoine demande si j'ai trouvé une ligne directrice pour ce mémoire, et puisque la réponse se précise, je me fends d'une petite note pour le dire. Bon en fait, j'ai un peu pensé ce que je vais dire ici depuis ce matin et le commentaire de Pivoine tombe à point nommé.
En l'occurrence, entre blogs "journaux intimes" et blogs "journalistiques" j'ai tranché et le grand gagnant est... *Roulements de tambours*... le blog journalistique.

Alors... Alors... Je sais que cela va peut-être en déconcerter ou en décevoir certains. Beaucoup d'entre vous (je parle comme si j'avais des dizaines de lecteur-trice-s) sont plutôt intéressé-e-s par le blog en tant que récit de soi (et d'autres nourrissaient le secret espoir de se faire interviewer, n'est-ce pas Adrenalynn ?), mais je peux justifier mon choix, ce que je vais faire dans les lignes qui suivent.

D'abord, en parlant avec ma directrice, j'ai perçu (car oui, je suis un fin psychologue) qu'elle trouvait le sujet orienté vers les journaux intimes comme un peu planplan et celui vers le journalisme en ligne comme plus excitant. On est d'accord, ce n'est pas elle qui va faire le mémoire et son avis reste secondaire mais, malgré tout, il a un certain poids (pas forcément parce que c'est elle qui me note, mais surtout parce qu'elle a quand même une bonne expérience en la matière).

Ensuite c'est un sujet qui colle pas mal à l'actualité. On attaque beaucoup les médias standards (presse, radio, télé, et plus particulièrement cette dernière) de créer l'information plus que de la relayer. L'arrivée d'élections présidentielles accroit bien évidemment ces critiques. Pour prendre un exemple concret, on a entendu dire que c'étaient les médias qui avaient créé la candidature de Ségolène. A côté de ça, Bayrou a apparemment eu une discussion un peu animée avec Patrick Lelay et Etienne Mougeotte à propos de la façon dont TF1 axe son information uniquement sur deux candidat-e-s.
Et sur le net, émerge une information qui se dit "libre", "citoyenne", qui laisse la parole à tous, et qui s'oppose aux anciens médias. Quand on sait combien les médias (et la télévision en particulier) ont un impact sur l'imaginaire collectif, forcément, on a envie d'en savoir plus.

Je n'ai pas bien compris si Pivoine (oui, je reviens toujours à elle, ce post étant un peu une réponse à son commentaire, mais je vais parler d'autres gens ensuite) parlait de l'inaccessibilité des journalistes d'un point de vue physique (en gros, elles ou ils ne voudront pas me recontrer) ou intellectuels (on ne comprend pas tout à ce qu'elles ou ils écrivent), mais je pensais (peut-être comme elle donc) qu'il serait assez dur de décrocher des entretiens.
Avant de trancher, j'ai donc essayé de prendre contacts avec certain-e-s et j'ai été surpris de voir qu'il y avait un bon nombre de réponses positives. Je ne vous dis pas lesquel-le-s, je laisse la surprise pour quand je ferai des notes qui seront des compte-rendus d'entretien (c'est pas pour tout de suite).

jeta avait dit à propos des blogs journaux intimes
: "je trouve que ce genre de blog reflète beaucoup plus la réalité que les autres, et après tout, tu es étudiant en socio...". Ca pose la grande question de "qu'est-ce qu'on étudie en sociologie ?". Et c'est une sacrée question, à laquelle je ne vais pas répondre. Je suis entré en socio un peu (même beaucoup) par hasard, je ne savais pas du tout ce que c'était en m'inscrivant. Ca fait trois ans que j'en fait maintenant, et je serai toujours incapable de donner une définition de la discipline. Par contre, je suis convaincu d'une chose : tout sujet peut-être sociologique, du moment qu'on le traite avec un certain point de vue. Alors évidemment, il y a de grands thèmes classiques avec une grosse littérature sociologique, mais je ne pense pas qu'on puisse trouver un thème que la sociologie ne saurait traiter (enfin tant qu'on est dans le domaine de l'humain, parce que forcément, la migration des truites...).

Quant aux interviews (ça c'est la partie pour Adrenalynn), tout n'est pas tout perdu. Le journalisme sur le net, ça s'écrit, mais ça se lit aussi. Il peut-être intéressant d'avoir le point de vue de blogueur-euse-s sur leur façon de concevoir les médias, leur plus ou moins grande confiance dans tel ou tel média, la nature de leur "consommation", etc.

Voilà, je crois que j'ai tout dit.
Ah, ben tiens, non. Comme d'habitude j'ai un grand appel à l'aide à faire passer. Quand on parle de blogs et de journalistes, le nom de Daniel Schneidermann vient naturellement en tête, et j'essaie de le contacter. Adrenalynn m'a conseillé d'utiliser le formulaire automatique du site de France 5, et je vais le faire, mais si l'un-e d'entre vous connaît un moyen plus direct (on sait jamais), ça m'intéresse.

Posté par socioblogie à 00:46 - Divers - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

dimanche 5 novembre 2006

Le questionnaire

Voici donc le questionnaire promis (ça c'est un peu le résumé de l'épisode précédent qui fait réponse à l'annonce de l'épisode suivant de la dernière note).
Il est très court, et pas très marrant à faire, donc pas comme les questionnaires qui circulent généralement de blog en blog, mais il va me servir à commencer à avoir une idée de la population qui s'adonne à la pratique bloguique (et à pallier l'absence de réponses des hébergeurs (je n'ai pas écrit "pallier à" cette fois, Adrenalynn va être contente)).

Alors attention, voici les règles du jeu :
- Vous devez faire passer ce questionnaire aux blogueur-euse-s que vous connaissez, qui devront faire de même, etc. Le principe, c'est de profiter de ces liens qui existent entre blogs pour diffuser largement ce questionnaire. Quant au moyen de diffusion, je vous laisse toute latitude.
- Les réponses sont généralement courtes (une seule question peut donner lieu à une réponse de plusieurs lignes je pense), c'est normal. Elles sont plus destinées à des statistiques qu'à l'analyse. Les questions plus intéressantes et conséquentes sont réservées pour les entretiens.
- Il faudra que les réponses me reviennent, forcément. Donc n'oubliez pas d'indiquer mon adresse e-mail.
- Bien évidemment, le tout reste anonyme et je ne divulguerai pas les informations.

Et voici le questionnaire (Sammy va être heureux, il est féminisé) :

Ce questionnaire s’inscrit dans une étude sur les blogs réalisé dans le cadre d’un mémoire de sociologie. Le but est d’avoir une idée de la population de la blogosphère. Les réponses à donner sont courtes et l’ensemble ne devrait pas vous prendre plus de 10 minutes.

1°/ Pouvez-vous indiquer l’adresse de votre (vos) blog(s) ?

2°/ En quelques phrases, comment définiriez-vous votre (vos) blog(s) ?

3°/ Avez-vous une idée du nombre de lecteur-trice-s quotidien-ne-s de votre (vos) blog(s) ?

4°/ Combien de blogs lisez-vous vous-même ?

5°/ À combien de blogs participez-vous (via des commentaires réguliers) ?

6°/ Êtes-vous un homme ou une femme ?

7°/ Quel âge avez-vous ?

8°/ Quelle est votre profession (si vous êtes étudiant, précisez dans quel domaine et à quel niveau) ?

9°/ Êtes-vous marié-e ? Avez-vous des enfants ?

Merci pour le temps que vous avez bien voulu y consacrer.
Si vous désirez suivre cette étude, je vous donne rendez-vous sur http://socioblogie.canalblog.com/


Voilà voilà, merci à vous tous pour m'aider à faire passer ce petit questionnaire.
Et bonne Guy Fawkes Night à nos ami-e-s Anglais-es ! (qui ne lisent pas ce blog, mais c'est l'intention qui compte)

EDIT : Christelle, dans son infinie bonté, a mis en ligne le questionnaire de façon plus automatique. Donc si vous voulez y répondre de manière plus directe que par un mail, cliquez ici.

Posté par socioblogie à 20:45 - Observation - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

jeudi 2 novembre 2006

laché vo comm

Tiens, voilà que j'ai trouvé un gros inconvénient à ce blog : quand je n'avance pas dans mon travail, ça se voit direct (presque une semaine complète sans note, j'en suis pas très fier). Du coup, je vais essayer de lacher un peu les "avancées" (si on peut appeler ça comme ça) dans une note qui va forcément être bien décousue et certainement moyennement lisible. Donc accrochez-vous, ça va sans doute pas être simple de suivre le fil directeur (puisqu'il n'existe pas).

Tout d'abord, j'ai reçu aujourd'hui Blog Story (le livre de Cyril Fievet et Emily Turrettini) que la Poste a enfin daigné m'envoyer.
Ca m'a permis de remettre en question quelque chose que je tenais pour acquis. En écrivant le début de bibliographie, je m'étais dit "cool, il n'y a que des livres récents, ça va m'éviter de devoir lire des trucs plus du tout d'actualité". En fait, c'est à moitié vrai seulement. Car si les dates sont effectivement récentes, tout ce qui est écrit sur un phénomène en pleine évolution (comme le sont les blogs) est forcément atteint d'une rapide obsolescence. Blog Story date de 2004, ce qui peut sembler proche, mais la technique a tellement évolué depuis (notamment en ce qui concerne les vidéos lisibles directement sur une page web) qu'il sera loin d'être exhaustif.
Bon, je dis ça en l'ayant juste rapidement feuilleté (pour le coup, c'est moi qui ne suis pas exhaustif), j'en parlerai plus précisément quand je me serai plongé un peu plus profondément dedans.

Deuxième chose qui n'a rien à voir, j'ai discuté rapidement avec ma directrice de mémoire qui m'a dit que j'allais devoir me décider à trancher vers un sujet plus précis. Comme nombre d'entre vous l'ont déjà signalé, les blogs sont un terrain tellement vaste qu'il y existe une énorme variété.
Or, pour le moment, mon coeur balance (c'est assez visible dans ce qui précède je pense) entre l'étude des blogs type "journal intime" au sens assez large (peut-on vraiment parler d'intime quand c'est consultable par toute la planète) et l'étude des blogs de journalistes qui se servent de la relative liberté d'expression du support pour donner un autre type d'information.
Ma directrice m'a dit (et je suis complètement d'accord avec elle) que dans le premier cas, j'aurai un sujet assez balisé, avec une bonne tradition d'étude (Lejeune entre autres) et donc plus facile d'accès que le deuxième qui demandera plus d'investissement mais qui colle pas mal à l'actualité et qui peut donner des résultats plutôt intéressants.
J'ai aussi un peu peur que les journalistes soient moins faciles d'approche que les blogueur-euse-s de journaux intimes.
Bref, je suis encore indécis sur la question mais va falloir que j'y réfléchisse sérieusement. Si vous avez des arguments de décision, je suis (comme d'hab) preneur.

Troisième chose, je me suis rendu compte qu'il était assez compliqué d'avoir une idée précise du nombre de lecteur-trice-s d'un blog.
On ne peut pas s'en tenir au nombre de commentaires, puisque, si je prends mon exemple, il est fréquent que je lise des notes de blog sans y laisser de commentaires, pour plusieurs raisons d'ailleurs (parfois, je ne me sens pas autorisé à le faire, quand c'est un blog un peu sérieux et académique ou que la note est, au contraire, très personnelle).
On ne peut pas non plus se fier au nombre de visiteur-euse-s, étant donné les résultats très divers qui mènent sur une page web. On clique sur un lien, on jette un oeil vite fait, on se rend compte que ce n'est pas ce qu'on cherchait et on s'en va ailleurs.
Aussi, j'aimerais bien faire un test pour jauger le nombre de lecteur-trice-s. Alors s'il vous plait, si vous lisez ceci, laissez un commentaire, n'importe quoi
, qui que vous soyez, même si vous vous dites "c'est bon, il sait que je lis son blog" (oui oui, même toi qui n'aime pas répondre sur les forums ou autres), un truc qui n'a pas forcément quelque chose à voir, de court ou de long, peu importe (c'est assez risqué de demander ça après une longue période d'inactivité mais j'assumerai le fait de n'avoir aucun lecteur-trice).
Celles et ceux qui suivent se rendront compte que c'est ce super test qui a inspiré le titre (un peu honteux) de la note.

Enfin, je songe assez sérieusement à préparer le questionnaire que vous (oui vous, les lecteur-trice-s, c'est pas tout à fait pour rien que j'essaie de savoir combien vous êtes) allez devoir diffuser aux 4 coins de la blogosphère.
Je vais essayer de faire ça d'ici la fin du week end (oui oui, on est jeudi, mais je suis déjà en week end).

Je crois que c'est tout ce que j'avais à dire pour le moment (pas grand chose donc). A priori la prochaine note ça devrait être le questionnaire avec les règles du jeu concernant sa diffusion (oui, je fais des fins des messages type "ne manquez pas l'épisode suivant !", dans la plus pure tradition télévisuelle).
Voilà, n'oubliez pas de laisser un commentaire si vous avez lu cette note (à des fins purement scientifiques naturellement).

Posté par socioblogie à 17:34 - Divers - Commentaires [12] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1