Carnet de route d'un mémoire de sociologie sur les blogs

Ce blog, c'est un peu le carnet de route que je vais tenir cette année dans le cadre de mon mémoire de sociologie sur les blogs. En fait non, c'est exactement ça.

lundi 27 novembre 2006

Entretien avec Daniel Schneidermann

Cet après-midi, j'ai été convié dans les locaux d'Arrêt sur Images afin de rencontrer Daniel Schneidermann dans le cadre d'un entretien sociologique.

C'est assez intéressant que les interviews de Nuche et de Daniel Schneidermann se suivent d'aussi proche, parce qu'elles montrent vraiment deux aspects très différents de la façon dont peut se passer un entretien.
Dans le premier cas, j'ai affaire avec une jeune femme de la même tranche d'âge que moi, avec qui j'ai un peu correspondu avant, qui n'a pas l'habitude de ce genre d'exercice (dans la posture d'interviewée) et qui me donne rendez-vous dans un bar de son quartier. Ca donne ce que vous avez pu entendre, un ton assez léger et une relation, finalement, d'égal à égal.
Dans le deuxième cas, c'est un homme de télévision, un professionnel de la prise de parole, que je rencontre dans son bureau, après un rendez-vous que j'ai arrangé avec ce qui semble être sa secrétaire (ou en tout cas une employée). Du coup, immédiatement, un rapport de domination s'installe, la balance perd son équilibre.

Attention, je ne suis pas en train de dire que Daniel Schneidermann a usé de sa position dominante pour m'écraser sous sa botte durant toute l'interview. Ce rapport de domination, je l'entretiens aussi moi-même parce que... ben voilà quoi. C'est quelqu'un que je regarde à la télé, c'est un type qui a écrit masse bouquins sur les médias, c'est un spécialiste des questions que je vais aborder...
Je ne suis finalement qu'un étudiant et j'ai en face de moi un professionnel, au sens fort du terme.

Immédiatement après être sorti des locaux d'Arrêt sur Images, j'ai eu le sentiment que l'entretien était raté. Daniel Schneidermann m'avait prévenu avant que je ne commence qu'il ne pouvait m'accorder tout le temps qui aurait été nécessaire pour bien faire, et effectivement, il a arrêté l'entretien au milieu de la deuxième partie. J'avais l'impression aussi qu'il était toujours dans une posture méfiante et défensive, demandant (et non pas "se demandant") quel était le but de telle ou telle question... Et enfin, il me semblait qu'il répondait souvent au nom de Arrêt sur Images et non en son nom à lui.

Finalement, en écoutant l'enregistrement, je trouve que j'avais peut-être un peu dramatisé les choses. Il y a de nombreux points intéressants qui sont abordés, les moments que j'avais ressentis avec une assez forte violence symbolique se rapprochent finalement plus d'épisodes anecdotiques et son avis transparait malgré tout dans de nombreuses réponses.

Par contre, le temps... Le temps a manqué et le temps m'a pressé. Je suis frustré en réécoutant, je me dis "arg, j'aurais du poser cette question", ou "j'aurais du insister là" mais puisque de base mon temps était limité, j'ai du faire vite, et c'est définitivement trop vite.
Pour les entretiens à venir, je me demande si je ne devrais pas revoir la partie sur les sujets d'actualité qui, j'ai l'impression, décontenancent un peu les interviewé-e-s et cassent le rythme.

Petite note technique : c'est assez étrange mais la voix de Daniel Schneidermann a été enregistrée assez basse (je devais tenir mon baladeur mp3 trop loin de lui), du coup j'ai monté le son des fichiers et ça fait un peu siffler le tout. C'est pas super agréable, j'essaierai de faire mieux la prochaine fois (tout ceci est encore très expérimental).

Première partie (37:33) :

Dans cette première partie, les questions tournent autour de l'intrusion d'Internet dans le champ de l'information. Daniel Schneidermann parle de son blog, de l'agréable liberté qu'il trouve dans cette nouvelle forme d'expression impulsive, de la différence de posture qu'il adopte entre les différents médias sur lesquels il officie. Il aborde aussi l'avenir du journalisme. Profitez-en, car contrairement à ce que je dis dans l'enregistrement, on n'en reparlera pas dans la seconde partie.

Deuxième partie (27:22) :

La deuxième partie est tronquée, comme je l'ai déjà dit. Normalement, elle se déroulait en deux temps, le premier traitant de la perte de crédibilité des médias traditionnels, et la seconde de leur positionnement face à l'information gratuite. On ne parle finalement que de cette perte de crédibilité mais de façon approfondie. Normal puisque Daniel Schneidermann a largement étudié la question et l'étudie encore.

Voilà.
Bon, je ralouille mais, au final, rencontrer Daniel Schneidermann c'est quand même pas rien et je devrais plutôt me sentir privilégié d'avoir pu discuter une heure avec lui. Je suppose que je trouve dommage d'avoir du écourter l'entretien alors que j'avais devant moi un expert sur plusieurs questions que j'avais encore à poser (comme la crise de Libération, le contrôle de Wikipedia, la concurrence entre les différents médias...).
Oui, je sais, j'obtiens beaucoup et j'en demande trop.

Merci donc à Daniel Schneidermann d'avoir accepté de répondre à mes questions malgré un emploi du temps surchargé.

Posté par socioblogie à 21:56 - Entretiens - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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